Ci-dessous 2 articles concernant la "fausse" concurrence à EDF. Une histoire de fou ?
Entre les 2 articles, une vidéo clairvoyante du 11 février 2022 de Jean-Marc Jancovici en pleine campagne des présidentielles.
Source : Electricité:
pourquoi certains fournisseurs encouragent leurs clients à rejoindre EDF
(msn.com)
Electricité :
pourquoi certains fournisseurs encouragent leurs clients à rejoindre EDF
24 août à 15 :59
Les temps sont durs pour les fournisseurs d’électricité alternatifs. Confrontés
à la flambée des prix, plusieurs acteurs du secteur se sont retirés du marché
ces derniers mois. Parmi eux, Oui Energy, Bulb ou encore Leclerc Energies. De
son côté, Cdiscount n’accepte plus de nouveaux clients, tandis qu’Hydroption a
été placé en liquidation judiciaire fin 2021.
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La facture d'électricité annuelle des salariés et retraités d'EDF est comprise entre 75 et 110 euros. © Damien Meyer - AFP |
Plus récemment, Mint Energie a envoyé un mail à ses clients
bénéficiant d’un contrat à prix fixe pour leur annoncer que le prix de leur
abonnement serait bientôt plus cher en raison "de l’augmentation constante
des prix d’achat d’électricité sur le marché de gros depuis plus d’un an".
Mais le fournisseur n’en reste pas là. Dans la suite du mail, il incite
ouvertement ses clients concernés à "passer chez EDF" pour bénéficier
du tarif réglementé de vente (TRV). De quoi faire de sacrées économies : 218
euros précisément dans le cas de Romain, client chez Mint, selon une estimation
réalisée par le fournisseur lui-même.
10.000 contrats résiliés chez Iberdrola
Même mauvaise surprise pour les clients d’Ohm Energies, alertés il y a
quelques jours d’une hausse de tarifs imminente. Le fournisseur, "en train
de lâcher", selon la présidente de la Commission de régulation de l'énergie (CRE)
Emmanuelle Wargon, ne retient pas plus ses abonnés et
leur rappelle qu’ils peuvent "résilier sans pénalités leur contrat à tout
moment dans un délai de trois mois".
Quant à Iberdrola, il conseille lui aussi à ses 2% de clients en fin de
contrat (soit 10.000 particuliers) de chercher un autre opérateur, assurant ne
pouvoir empêcher une flambée du tarif. "Ce sont des clients qui ont des
contrats avec un tarif garanti et qui arrivent à échéance à fin octobre
2022", a expliqué sur BFM Business Emmanuel Rollin, directeur d'Iberdrola
France. Si le fournisseur espagnol avait décidé de reconduire ces contrats,
"nous aurions été obligés de répercuter la hausse qui est astronomique du
coût de l’électricité, donc il y a un fort risque pour nos clients. Il existe
sur le marché des contrats avec tarif réglementé, et c’est l’option que nous
proposons".
Vidéo associée : Gaz &
électricité : Damien Ernst propose trois mesures pour faire baisser les prix
Gaz
& électricité : Damien Ernst propose trois mesures pour faire baisser les
prix | Watch (msn.com)
Les clients en souffrance sont désormais invités à se tourner vers le
comparateur d'offres mis en place sur internet par le Médiateur de l'énergie.
Mais EDF a aussi obligation de reprendre ceux qui souhaiteraient revenir à son
tarif réglementé. Ce TRV correspond au prix de l’électricité uniquement proposé
par le fournisseur historique. Fixé trois fois par an par la CRE et approuvé
par le gouvernement, il vise à garantir aux consommateurs un prix de
l’électricité plus stable que sur les prix du marché. Pour 2022, sa hausse a
ainsi été limité à 4%.
Plafond de l'Arenh relevé (Arenh = Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire
Historique)
Si la situation actuelle a permis à EDF de ne plus perdre de clients, les
fournisseurs alternatifs qui proposent des offres à des prix fixés librement
ont au contraire été affaiblis. Au premier trimestre 2022, les offres à tarifs
libres n'ont gagné "que" 163.000 clients, soit -137% par rapport à 3e
trimestre 2021, selon le dernier bilan de la CRE.
Pour soutenir ces acteurs exposés à la volatilité des marchés -la plupart
ne produisant pas suffisamment d'électricité- le gouvernement a pris la
décision en février de relever le plafond du mécanisme nommé Arenh de 20%, le
faisant passer de 100 TWh à 120 TWh. Concrètement, cela correspond au volume
d’électricité nucléaire bon marché (42€/MWh) qu’EDF, en tant que producteur
disposant d’un avantage compétitif grâce à son parc, est obligé de revendre à
ses concurrents.
Une fois ce volume réparti entre les différents acteurs, les fournisseurs
alternatifs doivent s’approvisionner sur les marchés de gros pour compléter
leurs besoins. A des prix qui n’ont cette fois plus rien à voir. Pour la
France, le MWh touchait ces derniers jours les 700 euros. Une flambée
impossible à assumer pour les fournisseurs, à moins de la répercuter sur leurs
clients ou de résilier le contrat de certains abonnés comme l'a fait Iberdrola
en les invitant à rejoindre EDF.
Une revente sur les marchés ?
Mais pourquoi des fournisseurs poussent-ils délibérément une partie de
leurs abonnés vers la sortie, parfois sans même attendre de savoir s'ils
accepteraient une hausse de leur facture ? Pour certains, cette incitation à
partir chez la concurrence aurait pour but de profiter du mécanisme de l'Arenh.
D'ailleurs, le moment choisi par Mint ou Iberdrola pour encourager leurs clients
à résilier interroge. En effet, les quotas d’Arenh dont dispose chaque acteur
alternatif sont calculés sur les périodes à faible demande. Soit le week-end,
les jours fériés et surtout… en juillet et août.
Pour obtenir le maximum d’électricité bon marché, les acteurs alternatifs
ont donc "intérêt à avoir le maximum de clients l’été", estime sur
Twitter Fabien Gay, sénateur PCF de Seine-Saint-Denis. Avant de chercher à
réduire leur portefeuille d'abonnés à la fin août. De sorte qu'ils puissent non
seulement disposer d'un volume d'Arenh suffisant pour les besoins de leurs
clients, sans avoir à s'approvisionner sur les marchés de gros, voire même d'un
surplus qu'ils pourraient revendre à prix forts sur les marchés.
Client de Mint, Romain n'est pas "contre l'idée" de s'abonner
chez EDF. "Mais cela interroge sur l'allocation de droits Arenh à ce
fournisseur et leur possible revente à prix d'or sur les marchés, au lieu de
les fournir à leurs clients à prix décent. Cela paraît en tout cas suspect qu'une
société privée invite ainsi ses propres clients à aller voir chez la
concurrence", explique-t-il. Contacté, Mint Energie n'a pas répondu à nos
sollicitations.
De son côté, Emmanuelle Wargon qui a reçu les dirigeants d'Iberdrola France
mardi, a mis en garde : "On a abordé deux sujets avec eux,
souligne-t-elle. D’abord, le respect de la réglementation et le fait qu’ils
n’en profitent pas pour faire des surprofits. On sera intransigeant
là-dessus", a déclaré la présidente de la CRE. L'autorité chargée de
veiller au bon fonctionnement du marché de l'énergie avait par ailleurs promis
fin 2021 de procéder "à des contrôles ex post renforcés de l’utilisation
qui sera faite des volumes (Arenh) attribués".
Fin du 1er article
Avant second article, qu’en pense J-M Jancovici ?
+ Capture d’écran pour resituer les scénarios RTE « 2050 » sur N.
Si on retient ce qu’à dit notre président Macron avant sa réélection, nous nous
situons sur « N2 », « dit autrement » : 2/3 ENR + 1/3
Nuke. Niveau crédibilité « En même temps » et sans oublier des
décennies de « Stop and Go » cité dans la vidéo jointe.
(Du 11 février 2022, donc avant réélection de « Macron) J-M Jancovici
- ENR/Nucléaire de 1 h 08 à 1 h 20,
- Concurrence EDF (*) de 1 h 20 à 1 h 36
- Hydrogène
de 1 h 36 à 1 h 45 et,
- PTEF (Plan Transformation Economique France) de 1 h 45 à
la fin.
(*) A retenir
surcoût pour 10 milliards emprunter sur 60 ans entre 2% (emprunt d’Etat) et 10%
emprunt sur le marché = 90 milliards.
Second article qui ajoute une couche.
Le prix de gros de l'électricité pour 2023
atteint un nouveau record à plus de 1 000 euros le mégawattheure, contre 85
euros il y a un an
France Info – 26 août 2022
Le
prix de gros de l'électricité pour 2023 atteint un nouveau record à plus de 1
000 euros le mégawattheure, contre 85 euros il y a un an (msn.com)
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Le prix de gros de l'électricité pour 2023 atteint un nouveau record à plus de 1 000 euros le mégawattheure, contre 85 euros il y a un an© Fournis par France info |
Un marché de plus
en plus tendu. Le prix de gros de l'électricité pour 2023 en France a battu,
vendredi 26 août, un nouveau record à plus de 1 000 euros le mégawattheure
(MWh) contre environ 85 euros il y un an.
Plusieurs
causes sont à l'origine de l'explosion des cours, à commencer par le
tarissement des flux de gaz russe vers l'Europe depuis le début de la guerre en
Ukraine : nombre de centrales thermiques utilisent du gaz pour générer de
l'électricité. Le gaz se faisant plus rare, son prix est également à des niveaux records de prix.
En France,
seuls 24 des 56 réacteurs nucléaires d'EDF fonctionnent en ce moment, notamment en raison d'un problème de corrosion, ce qui réduit la production électrique française à un niveau
historiquement bas, et fait mécaniquement augmenter les prix.